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samedi 9 mai 2009

LA METHODOLOGIE

SOMMAIRE

INTRODUCTION :

I- LA METHODOLOGIE :

II- LA METHODE : UNE MULTITUDE DE CONCEPTION
1. Une position philosophique :
2. Une tentative d’explication :
3. Une façon d’aborder :
4. Une procédure spécifique :
5. La méthode scientifique :
6. Un rapprochement avec d’autres termes :

III- QUELQUES METHODES TYPES EN SCIENCE :
1. La méthode expérimentale :
2. La méthode historique :
3. La méthode d’enquête :

IV- LA CLASSIFICATION DES TECHNIQUES :
1. Le contact ou l’absence de contact :
2. Le type de contact :
2. Le type de contact :
3. Le contenu des documents :
4. Le genre de prélèvement :

V- L’EVALUATION SCIENTIFIQUE :
1. La validité :
2. La fidélité :
3. Précision :
4. Les types d’erreurs :
5. La triangulation :

CONCLUSION :





INTRODUCTION :
De même qu’en pédagogie un professeur doit concevoir son cours et intégrer des procédés de compréhension, en science, le scientifique doit concevoir son travail et prévoir les différents moyens à intégrer à chaque étape : c’est sa méthodologie. Après avoir exposé les différentes conceptions du mot « méthode », nous présenterons les quelques méthodes types en sciences sociales. Ensuite les façons d’investiguer en sciences humaines seront définies afin de montrer les techniques utilisées pour recueillir les données dans la réalité. Enfin, nous aborderons la question de l’évaluation en sciences.


I- LA METHODOLOGIE :
La valeur d’une recherche repose aussi bien sur l’examen des résultats que sur l’étude des méthodes et techniques employées lors de cette recherche. La méthodologie est donc aussi essentielle à une discipline que les résultats employés. La méthodologie indique au chercheur comment approfondir une recherche. Ainsi, une fois le problème de recherche circonscrit, le chercheur doit avant toute chose choisir ses méthodes et techniques d’investigation qu’il pourra modifier en fonction de l’évolution de sa recherche.


II- LA METHODE : UNE MULTITUDE DE CONCEPTION
Selon un sens plus ou moins abstrait ou pratique, on distingue plusieurs sens au mot « méthode ».

1. Une position philosophique :
Du point de vue philosophique, une méthode particulière impose des manières de procéder à chaque étape afin de ressortir le type de lien recherché. La méthode expérimentale, parce qu’elle suppose de croire en l’empirisme dicte une certaine façon de faire à certaines étapes afin de ressortir un lien de causalité.

2. Une tentative d’explication :
De manière plus concrète, la méthode est une tentative de d’explication servant de cadre à une recherche. Elle puise sa source dans les considérations philosophique et exprime sa puissance en ce qu’elle commande les façons de concevoir l’objet de recherche. C’est pourquoi on la définit comme un ensemble d’opérations qui permettent d’opérer un choix parmi les technique en vue d’atteindre des objectifs précis ; d’où les propos de Grawitz : « les méthodes répondent à la question du comment ».

3. Une façon d’aborder :
De plus, la méthode peut aussi référer à la manière de faire. Qu’elle intervienne de manière impérieuse (méthode expérimentale) ou non (méthode clinique), elle dicte alors la procédure de conception et de planification de la recherche.

4. Une procédure spécifique :
Souvent, « la méthode » fait plutôt référence à un domaine particulier comportant un ensemble procédures spécifiques à son champ d’étude comme la méthode psychanalytique.

5. La méthode scientifique :
En sciences, la méthode désigne à la fois les qualités d’un esprit scientifique et une façon de saisir la réalité et de produire des connaissances fondé sur les le raisonnement et sur des procédures reconnues de vérification dans la réalité.

6. Un rapprochement avec d’autres termes :
En science, le terme « méthode » peut être partiellement ou totalement assimilé à d’autres expression. C’est l’exemple du mot « approche » qui designe une façon particulière mais non conformiste d’utiliser une théorie scientifique à l’instar de l’approche marxiste. On retrouve aussi le terme « paradigme » qui fait référence à un ensemble de convictions et de façons de faire communes à un moment donné par un groupe de scientifique. C’est le cas du paradigme social qui définissait les individus et les groupes par leurs relations sociales.


III- QUELQUES METHODES TYPES EN SCIENCE :
Du fait de leur façon d’aborder l’objet d’étude et d’organiser la recherche, certaines méthodes en science sont considérés comme des modèles : ce sont des méthodes types. La connaissance de ces méthodes types à caractère transdisciplinaire est indispensable à tout chercheur. Nous n’en citerons que trois.

1. La méthode expérimentale :
Comme son nom l’indique, la méthode expérimentale procède par l’expérience. Le chercheur, au fil de ses expériences manipule à volonté certaines caractéristiques du système afin de ressortir une relation de causalité.
Le plus souvent, les expériences sont menées en laboratoire afin de réduire les interactions extérieures nuisibles. Cependant, malgré toutes les dispositions prises, le chercheur n’est jamais complètement assuré d’un contrôle parfait. En effet, même le matériel utilisé par le scientifique peut interférer avec l’expérience. Ce fut le cas pendant longtemps lors des recherches sur les circuits intégrés ou certaines erreurs étaient dues aux décharges électrostatiques produites par le corps de l’expérimentateur. Ces erreurs sont actuellement limitées par le port obligatoire de bracelets électrostatiques lors de ce type de manipulation.
Généralement, pour réduire ce problème, les chercheurs séparent la population de départ en 2 groupes. Les manipulations effectuées sur le premier groupe vont fournir des résultats qui vont être comparé à ceux du second groupe appelé groupe témoin sur lequel on n’a exercé aucune manipulation.
La méthode expérimentale en sciences humaine est empruntée aux sciences de la nature dont elle est la méthode types. Elle ne porte que sur des données quantifiables qui ne sont pas toujours observables dans l’étude de l’Homme.

2. La méthode historique :
Il s’agit d’une façon d’aborder et d’interpréter un événement passé suivant une procédure de recherche et d’examen des de documents. Elle effectue donc une évaluation ou critique des documents rassemblés par le chercheur. Cette critique comporte 2 volets.
D’un coté, nous avons la critique externe qui vérifie l’authenticité du document et retrace ses origines. De l’autre coté, nous avons la critique interne dont le rôle est de préciser la crédibilité des documents. Elle va donc vérifier les contenus afin d’en permettre un usage judicieux.
Ainsi, comme l’a écrit Belleau (1989), « la recherche n’est pas qu’une simple procédure de recherche des documents mais aussi une procédure d’authentification, de codification et de conservation des documents » et nous ajouterons : qui se propose de reconstituer le passé.

3. La méthode d’enquête :
Technique se déroulant dans le présent, la méthode d’enquête designer une façon d’aborder un objet de recherche suivant des procédures d’investigation auprès d’une population données. Comme l’a écrit Katz (1974) : « tout ce que les gens peuvent et veulent confier à l’enquête doit faire l’objet d’une enquête ». En effet, à travers diverses techniques de collecte des données, la méthode d’enquête se propose de déterminer tout se qui est possible de faire selon un but précis : mode de vie des Sangha par exemple.
Toutefois, on relève quelques limites à ce type de recherche. Notamment la bonne ou mauvaise fois des sujets, ou encore le fait que l’échantillon considéré ne représente que partiellement la nature de la réalité envisagée. Bref, ces insuffisances sont surtout dues au type de technique employée.


III- LA CLASSIFICATION DES TECHNIQUES :

On appelle technique de recherche les moyens qui permettent d’aller recueillir les données dans la réalité. En sciences humaines, on distingue 6 techniques de recherche : l’observation en situation, l’entrevue de recherche, le questionnaire, l’expérimentation, l’analyse de contenue et l’analyse statistique. Afin de mieux comprendre la définition de ces techniques, on les classe en 7 critères.

1. Le contact ou l’absence de contact :

Si le chercheur a la possibilité de pouvoir converser avec l’informateur, il emploiera des techniques dites directes. C’est aussi le cas des phénomènes dont les renseignements ne peuvent s’obtenir que par d’autres informateurs les déportations en Europe de l’Est sous Staline.
Dans le cas contraire, on parlera plutôt de recherche indirecte. Le chercheur s’intéressera par exemple à des documents écrits par l’informateur si ce dernier est déjà décédé.

2. Le type de contact :
Le type de contact est en rapport avec les méthodes directes. Selon le type de liberté que le chercheur souhaite donner à l’enquêté, on distingue :
- la directivité où le chercheur est présent physiquement à coté du sujet et peut même délimiter le type de réponse à fournir
- la non directivité où le chercheur n’est présent physiquement et se contente juste de suggérer les sujets à évoquer
- la semi – directivité qui est à cheval entre les deux

3. Le contenu des documents :
En ce qui concerne les techniques indirectes, on peut évoluer en fonction du genre de contenu auquel on a affaire. D’un coté, nous avons les contenus chiffrés qui sont les objets d’étude de prédilection des méthodes quantitatives comme l’économie. De l’autre coté, nous retrouvons les contenus non chiffrés qui font le substrat des méthodes qualitatives.
Cependant, il ne faut pas y trouver une opposition entre ces 2 types de méthodes mais plutôt une complémentarité car afin de pouvoir mieux cerner un problème et en faire une étude approfondie, on peut faire à la fois appel à la précision des données chiffrées et à des descriptions qualitativement détaillées.

4. Le genre de prélèvement :
Ce critère s’applique autant aux techniques directes que indirectes. En fonction des procédés de traitement des données à utiliser ultérieurement, le chercheur doit choisir le type de données adéquat à recueillir. Par exemple, dans le cas des entreprises, on peut étudier le nombre de postes alloués respectivement aux deux sexes et en ressortir une étude statistique sur la présence des hommes et des femmes en entreprise ; par contre, si on s’intéresse plutôt à l’importance hiérarchique des postes alloués respectivement aux deux sexes, on pourra en ressortir une étude qualitative sur la valeurs des hommes et des femmes en entreprise.


IV- L’EVALUATION SCIENTIFIQUE :

Pour qu’une recherche soit dite scientifique, sa méthodologie et ses résultats doivent être soumis aux autres scientifiques qui vont en évaluer les degrés de validité, de fidélité et de précision et les erreurs possibles.

1. La validité :
Une recherche est d’autant plus valide que les données recueillies traduisent l’objectif cherché. Ainsi, il faut s’assurer qu’on a bien défini ce qu’on prétend étudier en liant les mots qu’on emploie aux faits notés dans la réalité. Ainsi, l’étude de la classe politique camerounaise doit être faite à partir des données recueillies sur les acteurs économiques de ce pays.
L’effort de validité peut se déployer à 2 niveaux. D’abord, la validité repose la consistance logique entre les termes définissants la recherche : c’est la validité interne. Ensuite, la validité concerne l’adéquation entre les phénomènes étudiés et les termes servant à les définir : c’est la validité externe.
Par exemple, on vérifie le fait d’assimiler les pyramides ou le colisé aux romains ; ensuite, on vérifie aussi si les techniques de construction romaines étaient adaptées pour arriver à de tels résultats.
Egalement, on pourra évoquer en recherche qualitative la transférabilité qui fait référence à l’utilisation des mêmes moyens de correspondance entre les termes utilisés et la réalité dans d’autres contextes pour valider plus largement la recherche initiale. De même, la validité de signifiance qui est la qualité d’une compréhension en profondeur des actes et des réponses des informateurs de la recherche.

2. La fidélité :
Elle traduit la qualité d’une technique ou d’un instrument à produire des résultats semblables lorsque utilisés en différentes occasions. Par exemple, un microscope est dit fidèle si utilisé par différents scientifiques, pour observer la même chose, on obtient différents résultats. Ainsi, la fidélité est parfois garantie par la répétition.
Toutefois, en sciences humaines, il n’est pas toujours possible de répéter des expériences faites dans les mêmes conditions. La fidélité sera donc indiquée :
- Soit par le succès des applications concrètes auxquelles l’instrument peut donner lieu,
- soit par une analyse minutieuse des éléments de l’instrument,
- soit par la correspondance entre les découvertes ultérieures et les résultats précédents.

3. La Précision :
La précision est la qualité d’un instrument qui est sensible aux variations et aux formes de l’objet d’étude. Un instrument est donc d’autant plus précis qu’il détecte une moindre variation de l’objet d’étude.
Néanmoins, il faut noter que la précision et la fidélité sont de moindre valeur devant la validité qui est le premier critère principal d’évaluation.

4. Les types d’erreurs :
Au cours d’une recherche, malgré toutes les dispositions prises, des erreurs peuvent se produire. C’est ainsi qu’on distingue entre autres les erreurs de fait. Ce sont des déformations de faits qui peuvent être dus à l’informateurs ou au manque d’attention de l’enquêteur.
Ensuite viennent les erreurs relatives qui sont liés aux facteurs de contexte ou de temps. Nous pouvons considérer l’exemple d’une personne qui se décide à aller acheter des gaufres. Après avoir rencontré une connaissance en chemin, elle peut se décider à aller plutôt boire un pot.
Il faut aussi considérer les erreurs d’interprétation. Elles sont généralement produites par une ingérence de la subjectivité du chercheur dans l’analyse des données. Celle-ci pousse le chercheur à entrevoir dans ces données plus que ce qu’elles traduisent.
Enfin, on peut noter les erreurs de compte rendu des faits. Elles sont dues à une absence de prise en considération des caractéristiques de des informateurs et des circonstances de la recherche.

5. La triangulation :
Il est possible d’évaluer un travail scientifique à travers de multiples comparaisons. Cela permet de contourner le caractère unique de la situation en situation d’étude de cas. C’est ainsi qu’on peut dégager plusieurs différents procédés de comparaisons à savoir la triangulation :
- temporelle
- spatiale
- théorique
- méthodologique
- des observations



CONCLUSION :

Les méthodes et les techniques représentent une richesse indéniable pour l’enrichissement d’une recherche donnée. Car quel que soit l’objet d’une recherche, la qualité des résultats dépend des méthodes mises en œuvre. Il est donc impératif pour un chercheur de connaître les différents types de méthode, les techniques de collecte des données afin de faire un choix judicieux. Pour que les résultats de sa recherche soient valides, fiables et même précis. En fin de compte, les erreurs seront minimisées durant la recherche

vendredi 8 mai 2009

LES CARACTERISTIQUES DE LA SCIENCE

SOMMAIRE

INTRODUCTION :


I- LES FACONS DE CONNAITRE :
1. Les savoirs non scientifiques :
2. La connaissance scientifique :

II- LA SOURCE DE LA CONNAISSANCE SCIENTIFIQUE :
1. La thèse de l’induction :
2. La thèse de la déduction :
3. L’essai de résolution :
v Le langage scientifique :
4. La théorie :

III- LES OBJETS D’ETUDE :
1. La nature :
2. L’être humain :
3. La comparaison des objets :

IV- LES VISEES :
1. La description et la classification :
2. L’explication et la compréhension :


CONCLUSION :





INTRODUCTION :
Le mot « science » a plusieurs significations. Communément, il désigne tout ensemble de connaissances et de façon de faire dans un domaine donné. C’est ainsi qu’on parle de science de l’élevage. Néanmoins, dans le domaine qui nous intéresse, on entend par « science », toute activité dont le but est la production d’un savoir scientifique. Aussi, dans un premier temps, nous comparerons les différentes façons de connaître. Puis, à travers la question de la source de la connaissance scientifique, nous examinerons l’existence et la nécessité d’un langage scientifique ; et après avoir abordé les principaux objets d’étude en science, nous terminerons par les visées de la science.


I- LES FACONS DE CONNAITRE :

1. Les savoirs non scientifiques :
Il existe 3 catégories de savoirs non scientifiques : les savoirs ordinaires ou populaires, les savoirs de métier et les savoirs religieux. Ces savoirs, qui sont des ensembles de connaissances d’ordres différents produites et transmises selon des conditions différentes, proposent des systèmes plus ou moins douteux d’explication de la réalité.
Généralement, nous puisons la plupart de nos connaissances et façons de faire de ces connaissances non scientifiques dont les arguments face à certains phénomènes nous semblent d’autant plus fondés qu’ils viennent de la raison ou de quelques autorités supposées infaillibles.
Cependant, ces connaissances, désignées par l’expression « le sens commun », ne présentent aucune pertinence pour la recherche scientifique car le raisonnement, qui est une qualité de l’esprit scientifique, n’est pas en soi une manière strictement scientifique de connaître.

2. La connaissance scientifique :
La connaissance scientifique est une façon de connaître qui porte sur l’étude des faits ou effets perceptibles qu’il est possible de circonscrire pour en faire l’examen, le but étant de faire une vérification de nature. En fait, les phénomènes habituellement perçus par nos sens peuvent nécessiter l’emploie d’instruments sophistiqués pour les détecter comme les microscopes. Parfois, nous ne prenons connaissance de ces phénomènes qu’à partir de leurs effets ; c’est le cas de l’activité électrique du cœur obtenue à partir d’un électrocardiogramme.
En effet, en science, la volonté systématique de vérification de ce que l’on croit avoir décelé a conduit à définir des procédures d’identification et de vérification pour mieux connaître les phénomènes. Ces procédures ensuite exposées aux autres scientifiques permettent une vérification élargie, chemin obligatoire vers la connaissance scientifique. Cette dernière exige donc des preuves.
En outre, présentée comme une succession de révolutions du savoir, la connaissance scientifique est caractérisé par son développement. Elle progresse toujours, ne se satisfaisant pas de ce qui est déjà acquis. Aussi, chaque scientifique se doit de connaître les théories et découvertes précédentes et d’en proposer de nouvelles interprétations. Ainsi, depuis son essor au XIXe siècle, la science s’enrichit continuellement de nouvelles connaissances produites par ces praticiens.


II- LA SOURCE DE LA CONNAISSANCE SCIENTIFIQUE :
L’épistémologie, une discipline qui étudie les fondements de la connaissance scientifique, tente de répondre à question très contre versée de la source de la celle-ci. En effet, plusieurs théories s’opposent.

1. La thèse de l’induction :
D’après les tenants de cette thèse, la science est inductive. Selon eux, les connaissances scientifiques viennent avant tout de l’expérience, soit l’observation de la réalité. Cette thèse donne donc la primauté à la collecte d’observations de phénomènes particuliers, dans le but d’en dégager éventuellement des propositions générales amenant à une certaine cohérence. Ainsi tout fin observateur peut prétendre exercer une activité scientifique.
Cependant, il est possible d’accumuler une foule de donnée sur les opinions d’une population par rapport aux élections sans pour autant être capable de prédire les résultats de cette élection. De plus, la probabilité qu’une induction soit juste dépend du nombre de cas particuliers étudiés. Comme on le constate, l’observation de phénomènes ne garantit pas l’accroissement de la connaissance scientifique.

2. La thèse de la déduction :
Selon les tenants de cette thèse, les relations possibles entre les phénomènes sont d’abord des constructions de l’esprit qui seront ensuite vérifiés dans la réalité : la science est déductive. Autrement dit, les propositions sont d’abord construites puis vérifiées. Ainsi, si l’on admet que tous les hommes sont mortels et que Jean est un homme, alors, Jean est mortel.
Pour être clair, tout habile spéculateur peut prétendre faire de la science quitte à renvoyer à plu tard le besoin ne se faisant pas pressant de la confrontation avec la réalité. Cependant, l’axiome mathématique 1+1=2 appliqué à des tas de sables ne peut être vérifié car 1 tas de sable + 1 tas de sable = 1 tas de sable. Ainsi, un raisonnement peut être cohérent mais avoir des conséquences désastreuses une fois appliquées à la réalité.



3. L’essai de résolution :
La tendance actuelle de la réflexion épistémologie est d’affirmer que la déduction constitue un plus grand apport dans la naissance de la connaissance scientifique. En effet, on constate que les scientifiques choisissent préalablement leurs instruments d’observation ; de même, certains phénomènes sont plus observés que d’autres. Or, pour opérer un choix parmi les multiples dimensions d’un problème et les divers instruments d’observation, il a fallu d’abord élaborer une conception théorique de l’ensemble du problème. Cette théorisation permet de circonscrire le problème, de choisir l’instrument le plus approprié et de systématiser les observations. Ainsi, la science est à l’origine déductive. Elle fait appel à des ensembles abstraits de notions inter reliées (la théorie) qui sera suivi d’une mise à l’épreuve des faits (l’expérience).
Cependant, rappelons nous, c’est en observant les oscillations d’un lustre au plafond d’une église que Galiléo Galiléi (1564-1642) a eu l’idée de l’existence de lois régissant le mouvement pendulaire. Il arrive donc souvent qu’une théorie ait eu pour amorceur un événement quelconque : la démarche sera donc dite inductive. Cependant, l’analyse d’un tel événement nécessite de disposer d’une grille théorique préalable qui rend attentif à des événements similaires.
v Le langage scientifique :
La rigueur dont fait preuve la réflexion scientifique a mis en exergue la nécessité d’un code d’expression universel entre scientifique. Autrement dit, un langage écrit et parlé dans lequel une expression serait perçues de la même façon par tous : il s’agit du langage scientifique.
Le langage scientifique ne se veut pas hermétique car de même que le langage courant comporte des termes scientifiques (poids, taille), celui-ci comporte aussi des termes courants. Cependant, sa particularité vient du fait qu’il comporte quelques qualités :
- Il est univoque. Tous les termes doivent être interprétés par tous de la même façon ; l’électricité est différente de la lumière.
- Il est cohérent et sa logique est simple. Par exemple, le terme causalité évoque au moins deux phénomènes dont l’un (la cause) implique l’autre (l’effet).
- Il est explicite et précis car il exige que chaque terme soit défini de la façon la plus claire pour ne pas être confondu avec son usage courant.
Ainsi, rien que de part sa nature, le langage scientifique constitue un obstacle pour tout profane qui voudrait prétendre à la connaissance scientifique. Cette dernière n’est donc accessible qu’aux initiés c’est pourquoi on note l’existence des vulgarisateurs scientifiques dont le rôle est de traduire ce langage en langage courant accessible au grand nombre.



4. La théorie :
La théorie est un ensemble de propositions qui veulent rendre compte d’une partie précise de la réalité considérée. Elle permet d’unifier, d’éclairer ce que l’on affirme sur le système étudié et de guider les chercheurs dans leurs réflexions ; c’est pourquoi elle doit absolument posséder toutes les qualités du langage scientifique.
C’est ainsi que certaines théories conduisent à l’élaboration d’énoncés de relations constantes entre des phénomènes précis : les lois. Ces lois, qui prévoient des résultats, peuvent former des ensembles présentés comme la théorie d’un domaine d’étude donné comme les lois de l’évolution.
De même, la théorie guide la science ; elle oriente la recherche. Car c’est elle qui permet de choisir les événements à observer dans un phénomène. Aussi, une fois vérifiées et précisée, elle devient un système d’information sur ce qu’elle à permis de connaître et l’assise de nouvelles explications plus générales et plus approfondies. C’est pourquoi chaque théoricien reconnu dans un domaine du savoir est celui qui a su élaborer une théorie qui sert encore de guide aux chercheurs actuels.
Toutefois, on note l’existence d’un coté de théories partielles, qui ne s’appliquent qu’a un objet particulier à l’intérieur d’une discipline, qui découlent de théories plus larges. C’est le cas du fonctionnalisme en sociologie qui veut traduire la réalité dans son ensemble et servir de modèle aux études des diverses parties de cette discipline. De l’autre coté, des théories interdisciplinaires plus connues sous le nom de courant comme les courants marxiste et fonctionnalistes en sciences humaines.


III- LES OBJETS D’ETUDE :

1. La nature :
La nature, premier domaine d’étude de la science, est l’ensemble de tout ce qui existe et se produit sans l’intervention. Elle a été pendant longtemps, l’objet d’études privilégiées d’une multitude de disciplines, telles que l’économie ou la chimie, connues sous le nom de sciences de la nature.
Néanmoins, pour bien comprendre le fonctionnement des sciences de la nature, il faut garder à l’esprit qu’elles étudient des objets matériels et les relations entre les phénomènes. Il a donc fallu mettre au point des instruments qui vont non seulement prolonger l’acuité des sens humains mais aussi donner un sens plus formel à nos observations : c’est la base de l’expérimentation. Aussi, des phénomènes tels que les projections d’objets vont être reproduits en laboratoire pour être mieux étudiés. Ce modèle d’étude répété peut conduire à la formulation de lois à caractère général.

2. L’être humain :
Les sciences humaines, disciplines qui on pour objet d’étude l’Homme, comportent entre autre l’histoire et la psychologie. Arrivées plus tardivement, elles ont pour objet de connaître et de comprendre l’homme et la signification de ses actes à l’exemple de la psychologie qui s’intéresse particulièrement aux phénomènes psychiques.
A l’instar des sciences naturelles, les sciences humaines ont leur propre mode de fonctionnement. L’homme étant ondoyant et divers, il influe de par sa propre personnalité sur les observations scientifiques qu’il peut affirmer ou infirmer selon son humeur. Nous avons l’exemple des personnes souffrant de troubles de la personnalité qui produisent des résultats différents en fonction de la partie de leur moi avec laquelle on est en relation.
De plus, l’étude portée en elle même et l’emploie de l’instrumentation peut être perçue comme par le sujet comme une violation de son intégrité personnelle et ne peut donc se faire sans sa permission. C’est la raison des différences dans le traitement concret des systèmes entre les sciences naturelles et les sciences humaines.

3. La comparaison des objets :
La comparaison des objets entre les différentes sciences peut se résumer au tableau suivant :

En sciences humaines
En sciences de la nature
L’objet
A conscience d’exister
N’a pas conscience d’exister
Peut produire du sens
Ne produit pas de sens
Est de même nature que l’observateur
N’est pas de même nature que l’observateur
Est non reproductible
Est reproductible
Est complexe
Est plus simple
Se prête en partie à la mesure
Est mesurable
Se prête à l’analyse explicative
Se prête à la causalité
Se prête à l’analyse compréhensive
Ne se prête pas à l’analyse compréhensive
Possède une historicité
Possède une historicité
Il y a interaction objet - chercheur
Il y a interaction objet - chercheur
Possède une autonomie
Possède une autonomie




IV- LES VISEES :

1. La description et la classification :
La science a pour but d’approfondir sa connaissance de la réalité. C’est pourquoi, en science, les apparences sont trompeuses. Il faut apprendre à garder un esprit ouvert face aux opinions les plus largement répandues à un moment donné afin de pouvoir faire un examen approfondi de la réalité.
Pour y arriver, la science se fixe pour mission d’un coté de réussir à décrire objectivement la réalité. Aussi, dans le cas d’un d’une explosion volcanique, on tentera de faire une représentation détaillée et fidèle du phénomène : sa description.
D’un autre coté, il ne suffit pas de décrire mais il faut aussi de classifier. Classifier des phénomènes ou objets revient à les regrouper selon un ou plusieurs critères. Ces critères de regroupement peuvent varier. Nos pouvons donc classer des barres de fer suivant leur diamètre ou leur teneur en fer ou leur longueur.

2. L’explication et la compréhension :
Une autre mission de la science est d’arriver à découvrir les relations rendant compte d’un ou de plusieurs phénomènes : l’explication. En effet, la science cherche à établir par l’observation des relations perpétuelles entre les phénomènes qui peuvent être des relations de causalité où un phénomène est la conséquence directe de l’autre.
Malheureusement, en sciences humaines, la complexité de l’homme en tant qu’individu rend presque impossible la découverte de rapports de causalité. Cependant, on pourra déceler une corrélation entre des phénomènes qui vont servir à l’explication. Ainsi, un accroissement du rythme cardiaque peut être relié à une crise de panique ou à un effort prolongé.
Certains chercheurs proposent plutôt d’essayer de comprendre les phénomènes humains du fait que l’être humain donne lui même un sens à ses propres actes, sens dont il faut tenir compte. Or le plus difficile consiste à séparer ce qui doit être expliqué et ce qui est de l’ordre de la compréhension. En effet, les actes humains peuvent prendre une double signification selon que le chercheur, pour les expliquer considère leur manifestations extérieures, ou selon que pour les comprendre, il tient compte du sens donné à ceux-ci par les participants.
Il devient donc évident que la cohérence est une visée propre aux sciences humaines qui trouve sa limite en son incapacité à démontrer rigoureusement le résultat. Ainsi, chaque approche prise isolement comporte des faiblesses. Pour leur part, les chercheurs espèrent que les approches explicatives et compréhensives viendront se compléter plutôt que de s’opposer.



CONCLUSION :
La science a pour but la résolution de certains problèmes. A l’aide d’un langage qui se veut clair et précis, elle procède de manière méthodique et vérifie systématiquement ce qu’elle avance. Cela lui donne un caractère fiable et dynamique. En effet, l’esprit critique, le questionnement perpétuel sont des manières d’évoluer en science. Associés à l’observation, ils deviennent des qualités indispensables pour rechercher une relation entre les phénomènes. Autant pour les sciences de la nature que pour les sciences humaines, il ne faut pas se laisser influencer par les impressions premières. De plus, sans diminuer leur caractère scientifique les sciences humaines ont un objet qui les éloignera toujours en précision des certitudes mesurables en sciences de la nature.

LA RECHERCHE

SOMMAIRE

INTRODUCTION :


I- LES CARACTERES D’UNE RECHERCHE :
1. L’intention :
2. Le prélèvement :
3. Le temps :
4. L’espace :
5. Le site :
6. La représentativité :
7. La spécialité :
8. Les visées :


II- LE CYCLE DE LA RECHERCHE :
1. Les moments essentiels :
2. Le projet de recherche :

III- LES ETAPES TRANSDISCIPLINAIRES :
1. La définition du problème :
2. La construction technique :
3. La collecte des données :
4. L’analyse et l’interprétation :
5. Le rapport d’étape :

IV- LES PRINCIPES D’ETHIQUE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :
1. Les sujets de recherche :
2. La communauté scientifique :
3. Le public :


CONCLUSION :



INTRODUCTION :
Toute recherche scientifique se définit suivant certains critères qu’il est nécessaire de connaître pour les adeptes de cette activité. Ces différents critères permettent de qualifier une recherche. En outre, la recherche se déroule en un cycle qui peut être réduit en un nombre fini de moments essentiels qui seront par la suite explicités et remplacés dans la démarche scientifique. Cependant, la recherche comporte en elle même des étapes précises qui pourront ensuite décrites dans une perspective transdisciplinaire. C’est enfin qu’arrivera la question de l’éthique ou code de l’honneur du chercheur.


I- LES CARACTERES D’UNE RECHERCHE :
La recherche scientifique est une activité scientifique consistant en un processus de collecte et d’analyse de données dans le but de résoudre un problème prédéterminé. Tout en apportant un renseignement sur la nature de celle-ci, plusieurs caractéristiques permettent de distinguer une recherche scientifique d’une autre. On distingue donc 8 critères de classification qui vont non seulement orienter le chercheur mais aussi faciliter la lecture et l’évaluation de la portée du travail. Ces 8 critères de classification définissent tout type de recherche

1. L’intention :
L’intention de l’auteur est déterminante dans une recherche. Il peut avoir pour but d’accroître les connaissances théorique sans se préoccuper des implications pratique : on parle alors de recherche fondamentale. C’est le cas des recherches mathématiques portant sur la définition de l’ensemble vide.
Par contre, si l’intention première du chercheur est d’apporter des éclaircissement sur un problème en vue d’une application pratique, on parle plutôt de recherche appliquée. C’est une recherche orientée dans un but utilitaire. On pourra par exemple en acoustique essayer de réduire le bruit parasite présent lors des amplifications. Souvent, en sciences humaines, au lieu de rester un simple spectateur, le chercheur s’implique personnellement dans le système étudié à l’instar d’autres personnes concernées afin qu’ils entreprennent ensemble une recherche : c’est la recherche en action.
En fait, la recherche fondamentale, bien qu’elle semble éloignée des besoins concrets et réels, est la source des théories et faits utilisés en sciences appliquées. Elle peut conduire à un renouvellement des théories connues sans avoir un aboutissement prédéfini à l’instar de la mécanique relativiste qui à réviser notre savoir en mécanique. Néanmoins, bien que d’une bien moindre valeur scientifique, la recherche scientifique a elle aussi fourni des résultats qui apportent des perspectives d’une portée plus générale.
Enfin, nous devons remarquer qu’une intention peut évoluer avec une recherche. En effet, une recherche fondamentale peut aboutir sur quelque chose de concret. De même, une recherche appliquée peut conduire à un résultat fondamental. On déduit donc qu’il n’y a pas de réelle opposition entre le fondamental et l’appliqué.

2. Le prélèvement :
Selon le type de données à recueillir, on distingue 2 types de recherche. D’un coté, nous avons la recherche quantitative. Elle porte sur des données quantifiables. C’est le type de donnée le plus fréquent. A l’instar du nombre de personnes par famille ou le nombre de cratères d’impacts, leur étude se fait en termes mathématiques.
D’un autre coté, il existe des phénomènes et des données non quantifiables dont l’étude est tout aussi utile. C’est l’exemple de la joie, la confiance ou la foi. Ces données, qui sont d’ordre qualitatif, donnent lieu à une étude qualitative. Malheureusement, celle-ci a été considérée pendant longtemps comme une manière d’explorer un problème que comme un une méthode de recherche à part entière. Toutefois, il est désormais admis que l’avancement de la connaissance d’un problème permet l’étude de phénomènes incompréhensibles autrement d’où son statut de science à part entière.

3. Le temps :
Le temps introduit la notion de durée. Selon la durée d’étude d’un objet donné, la science distingue 2 types de recherche.
D’une part, nous avons la recherche synchronique ou étude d’un phénomène à un instant donné. Elle est utilisée le plus fréquemment. Elle peut être utilisée quelque soit l’époque, pourvu que le phénomène se déroule suivant une période relativement courte comme la situation politique au Cameroun en 1979.
D’autre part, nous avons la recherche diachronique qui centre son étude sur l’évolution du système considéré. Si cette recherche s’effectue sur une période continue du temps, on parle de recherche longitudinale. Cette dernière possède quelques inconvénients comme la persistance des données, la collaboration des sujets de l’enquête, la possibilité de suivre leurs traces et les moyens financier d’où son extrême rareté. De plus, si elle est menée dans le passé, elle se doit d’être menée sur des documents qui sont le plus souvent incomplets ou indisponibles. Les historiens se heurtent fréquemment à se type de problèmes lorsqu’ils essayent de retracer le parcours de grands explorateurs.
A coté, nous avons la recherche par panel qui analyse façon discontinue les phénomènes dans le temps (étapes d’une grossesse). Néanmoins, en sciences humaines, à cause de la difficulté à obtenir la collaboration des mêmes sujets plus d’une fois, on est souvent porté à réaliser les mêmes études sur différentes tranches d’ages représentatives de cette population : on parle alors de recherche transversale. Cette dernière trouve sa limite en ce que les phénomènes et les difficultés sont perçus différemment suivant les groupes de personnes. Par exemple, le désintérêt d’un groupe plus âgé par rapport à un groupe pus jeune sur la question de l’environnement peut venir soit de leur éducation ou de leur age. Il a donc fallu ajouter un facteur « différence de génération ».
Pour contourner certaines difficultés de des recherches diachroniques, Papalia (1989) propose pour l’étude des personnes la recherche séquentielle croisée ou les sujets de l’étude transversale seront vus autant de fois que possible.

4. L’espace :
L’espace fait appel à 2 points de vue. Le premier se rapporte à la superficie du système étudié : on parle alors de recherche locale, régionale, nationale, internationale ou mondiale.
L’autre point de vue se rapporte aux comparaison entre plusieurs milieux selon le groupe de personnes qui y évolue : c’est la recherche comparative. Elle analyse les ressemblances et les dissemblances entre ces milieux. Si elle s’appuient sur la comparaison entre les cultures (Sawa et Bagangté) elle sera taxé de transculturelle.

5. Le site :
Le site fait référence au lieu de collecte des données. Selon le site, on distingue :
- la recherche sur le terrain. Elle se fait au contact des sujets visés par la recherche. Ce contact peut être à distance (téléphone) ou direct (milieu de vie des enquêtés).
- La recherche en laboratoire. Elle s’effectue dans un lieu spécialement aménagé à cet effet. Les sujets doivent y être conduit.
- La recherche en bibliothèque. Elle se fait dans un centre de conservation de documents écrits et d’archives. Si ce centre contient aussi d’autres médias (photos, sons, vidéo) on parle de recherche en médiathèque.

6. La représentativité :
La recherche scientifique en sciences humaines porte sur une population donnée pouvant contenir plusieurs milliers d’individus différents. Si la recherche concerne toute la population visée, on parle de recherche globale. Si elle porte plutôt sur une portion de la population visée on parle alors de recherche échantillonnée. Il peut aussi arriver qu’une seule unité de la population (personne ou institution particulière) ne soit concernée par cette recherche : il s’agira alors d’une recherche monographique.




7. La spécialité :
Chaque discipline scientifique à sa propre spécialité et les recherches permettent le développement de chacun de ces domaines de connaissance particuliers. La plupart de ces recherches ne concernent qu’une seule discipline : c’est la recherche disciplinaire.
Toutefois, il arrive que des chercheurs de différentes disciplines mène séparément les recherches sur un même sujet : on parle alors de recherche pluridisciplinaire. S’ils viennent à se réunir pour mener conjointement cette recherche, on aura plutôt affaire à une recherche interdisciplinaire. De même, les chercheurs de plusieurs disciplines qui se réunissent pour essayer d’établir un langage commun, seront taxés de faire une recherche transdisciplinaire.

8. Les visées :
On peut classer une recherche en fonction de l’accent mis sur l’une ou l’autre visée. Ainsi, on distingue :
- La recherche descriptive. Elle a pour but de représenter en détails un objet.
- La recherche classificatrice qui essaie de regrouper les phénomènes et objets suivant un ou plusieurs critères.
- La recherche explicative qui a pour objectif de mettre en relation les phénomènes.
- La recherche compréhensive qui permet de saisir les significations données par l’Homme à ses actes.


II- LE CYCLE DE LA RECHERCHE :

1. Les moments essentiels :
Afin de comprendre le mouvement de la pensée et de l’activité scientifique, on peut le représenter comme un ensemble de moments incessants qui se suivent et se répètent sans fin : le cycle de la recherche. Ainsi, de Ahtouf (1987) qui dégageait 16 moments de ce cycle, on est arrivé à 3 moments essentiels qui mettent l’emphase sur le cycle lui-même. Ils se présentent dans la figure ci-dessous.








Conception
(Théorie et concept)
Méthodologie
(Méthodes et instruments employés)
Observations
(Données analysées et résultat)
Le cycle de la recherche













Qu’on aille de la conception à l’observation (approche déductive) ou de l’observation à la conception (approche inductive) on distingue les mêmes étapes. Pendant la phase de conception, le chercheur à une vision générale de son objet d’étude et de sa discipline. Il connaît les théories et grandes explications de son domaine. Il va donc se servir de cet amas de connaissance pour aborder son objet d’étude.
Cependant, le passage de la conception à l’élaboration se fait obligatoirement par la méthodologie. C’est le moment du choix des méthodes techniques et instruments adéquats pour le type de recherche considéré. Un astronome choisira un télescope alors qu’un biologiste choisira un microscope.
Ensuite vient l’observation. Le chercheur recueille des données les analyses et tire des résultats. Les résultats obtenus, en fonction qu’ils affirment ou infirment les hypothèses formulées seront confrontés à la théorie et au concept initial qu’il faudra peut être revoir. Par exemple, les résultats obtenus peuvent conduire à utiliser un capteur de température au lieu d’un capteur de mouvement. De même, un problème dont imaginait la source dans l’eau peut provenir des insectes.

2. Le projet de recherche :
Avant d’initier toute recherche, il est nécessaire de faire une présentation écrite donnant une description détaillée de la recherche scientifique qui sera menée : le projet de recherche. Il circonscrit l’objet d’étude et précise la façon de réaliser chaque étape du processus. Son élaboration suppose une connaissance de tout ce qu’implique une recherche. Il s’agit du courant théorique, des méthodes à appliquer, du type de données à recueillir, des procédés d’analyse de données à utiliser, du coût estimatif d’une telle recherche et du temps nécessaire pour l’étude. Il est donc conseillé aux chercheurs novices de suivre graduellement ce processus de recherche.


III- LES ETAPES TRANSDISCIPLINAIRES :
Les périodes successives d’une activité scientifique sont autant de points de sauvegarde qui permettent de vérifier non seulement l’orientation suivi jusqu’à lors mais aussi si le trajet futur à emprunter est le bon. Du fait que ces phases s’harmonisent avec toute recherche en sciences sociales, on les appelle étapes transitoires. On en distingue 4 distinctes qui se succèdent.

1. La définition du problème :
Tout ce qui soulève un questionnement est un problème qui se doit d’être formulé de façon précise de manière à en délimiter le contour et la démarche de réflexion : c’est la formulation du problème.
Ensuite, le chercheur doit procéder à une opérationnalisation du problème. C’est sa description en des termes traductibles en faits observables qui vont permettre une investigation dans la réalité.

2. La construction technique :
Le chercheur doit décider du procédé de recueillement des données qu’il va utiliser dans la réalité pour le problème circonscrit. Il doit se baser sur le contexte dans lequel il peut travailler et sur la définition du problème. Ainsi, il devra choisir entre la technique de l’observation, l’entrevue, le questionnaire, le sondage, l’expérimentation l’analyse de contenue ou l’analyse de statistiques.

3. La collecte des données :
Le chercheur procède à une sélection par échantillonnage des individus ou éléments de la population visée auprès desquels il veut obtenir des informations. Ensuite, il fait appel à la technique de recherche choisie pour recueillir ses données. Plus celle-ci est adéquate, plus les résultats seront valides et fiables.

4. L’analyse et l’interprétation :
Le chercheur procède à la préparation des données. Il les synthétisent et les organisent. Ensuite, il examine ses données et donne un sens aux résultats dont il rendra compte dans un rapport de recherche.
En fait, le rapport de recherche est un compte rendu de la recherche complétée à partir duquel la valeur scientifique du travail est jugée. Il rend compte de toutes les étapes ci-dessus.

5. Le rapport d’étape :
Les 4 étapes ordonnées ci-dessus sont incontournables pour compléter une recherche scientifique. Afin de s’assurer du bon suivi de chaque étape, il est nécessaire à la fin d’une étape de faire le point sur sa solidité. Il s’agit de rédiger des rapports d’étapes. Ces différents rapports seront essentiels lors de la rédaction du rapport de recherche.


IV- LES PRINCIPES D’ETHIQUE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :
Pour être crédible, toute recherche nécessite une certaine honnêteté de la part du chercheur. Ce dernier, bien qu’il ait des droits, est aussi soumis à des devoirs moraux qu’il se doit de respecter tout au long de sa démarche : des principes d’éthique. Ils concernent les sujets de recherche, les autres scientifiques et le public.

1. Les sujets de recherche :
Il fait beaucoup plus référence à l’Homme puisque principal sujet d’étude des sciences humaines. S’il est vrai qu’on reconnaît aux chercheur le droits d’étudier l’homme, on lui impose aussi le devoir de le respecter. Le chercheur ne doit pas abuser de ses sujets de quelque manières que se soit. Il doit se porter garant de l’intégrité physique et psychologique de ceux-ci et ne doit les laisser aucune séquelle due à l’étude. Toutefois, il est en droit de cacher à ceux-ci des informations dont la connaissance par les sujets pourrait influer sur les données à recueillir. Ainsi, les sujets d’une recherche ne doivent y participer qu’après avoir reçu une information suffisante et judicieuse qui les permet grâce à leur libre arbitre, sans quelque influence de la part du chercheur, de choisir d’y participer.
En sciences humaines, l’anonymat est un préalable. Toute information recueillie par le chercheur doit faire objet d’une confidentialité qui ne doit jamais être violée sauf cas exceptionnel comme la mise en danger médicale de toute une population (épidémie). De même, les auteurs et personnes mentionnées dans un document quelconque doivent être traiter avec considération.
De plus, le document ne doit pas permettre de retracer les enquêtés. Il pourrait entacher leur réputation. Le chercheur devra donc plonger ces informations dans d’autres informations plus globales afin de ne pas singulariser les individus. Si les enquêtés sont les chirurgiens plasticiens du Cameroun par exemple, on devra parler de la chirurgie plastique en Afrique ou dans le monde. Néanmoins, les personnages publics passés ou présents acceptent d’être intégré à toute analyse à caractère social. Ils ne sont donc pas pris en compte dans la clause de confidentialité.
En outre, en recherche, les avantages des participants doivent être au moins équivalents aux inconvénients entraînés. Ces avantages peuvent être d’ordre monétaire (prime de participation), intellectuel (participation à l’avancement de la science), émotionnels (le plaisir d’être utile). Bref, le rapport entre le chercheur et le participant doit être basé sur une confiance et un respect mutuel. Si les droit des participants sont garantis et qu’il sont assurés de retirer de cette expérience un certains bénéfice, si le chercheur est convaincu de l’apport des participants à sa recherche, la qualité morale du travail scientifique en sciences humaines sera assuré.

2. La communauté scientifique :
Le chercheur se doit d’être transparent avec tous ceux qui partagent avec lui le même domaine d’activité. Il doit dévoiler et rendre disponible sa recherche pour permettre ainsi l’échange généralisé de critiques gages d’une certaine objectivité. C’est pourquoi en science, il a été institué des colloques, des journaux, des livres et des congrès qui sont autant de moyen d’échange que de critique entre scientifiques.
Ainsi, le chercheur se doit d’examiner autant les travaux de ses collègues qu’ils le font envers lui. Son regard doit être objectif et honnête. Il doit permettre aux autres de consulter ses données de recherche ce qui permet de déceler des erreurs ou pire des impostures. Ces échanges de critique permettront par la suite une amélioration individuelle et collective du travail des membres de la communauté scientifique.
3. Le public :
Si la constitution garantit à tous les citoyens la liberté de penser et de parole, il n’en est rien quant à la liberté de chercher. Cette dernière parfois considérée comme nuisible en sciences sociales à été pendant longtemps la cible des pouvoirs politiques pour la plupart totalitaires.
En effet, la contrepartie d’une telle liberté est d’informer le public, même de manière générale, sur les résultats obtenus. On pourra faire appel à des vulgarisateurs scientifiques non seulement pour informer le public, mais aussi pour s’assurer du respect que les chercheurs doivent accorder aux sujets humains. De même, le public attend du chercheur qu’il s’intéresse à des phénomènes important et que son travail contribue au progrès de l’humanité.



CONCLUSION :
La recherche scientifique est une activité scientifique consistant en un processus de collecte et d’analyse des données dans le but de répondre à un problème de recherche déterminé. Elle peut être classifiée suivant 8 critères qui définissent tout type de recherche. La recherche en elle même s’identifie à un cycle comportant 3 moments essentiels : la conception, la méthodologie et l’observation. En fait, son activité comporte 4 étapes distinctes qui se succèdent et dont il est nécessaire de faire un rapport progressif. Toutefois, quel que soit le type de recherche, le chercheur se doit d’obéir à des principes moraux dont il est redevable envers les sujets étudiés, la communauté scientifique et le public.